Témoignage : « J’ai contracté la leptospirose après avoir adopté un rat en animalerie »

Mélissa*, maman de trois enfants, a frôlé le pire après l’adoption d’un rat en animalerie dans le département 70. Son témoignage nous rappelle pourquoi la vigilance sanitaire dans les circuits de vente d’animaux est cruciale.


L’adoption qui a tout changé

Le 10 octobre 2025, Mélissa adopte un jeune rat mâle dans une animalerie de Haute-Saône. Elle le baptise Grisouille*. Comme n’importe quel adoptant enthousiaste, elle passe du temps avec lui, le manipule régulièrement, crée du lien. Rien ne laisse présager le cauchemar médical qui l’attend.

Les premiers signes : quand tout bascule

Quelques jours après l’adoption, Mélissa ressent des frissons intenses. La fièvre monte brutalement. Elle passe une nuit blanche, tremblante, incapable de se réchauffer. Le lendemain matin, son médecin traitant, alarmé par son état, l’envoie directement aux urgences.

« Je tremblais tout le temps, même quand la fièvre baissait. Je ne pouvais plus m’occuper de mes enfants, je ne mangeais plus, je dormais très mal. »

Mais aux urgences, on la renvoie chez elle. Pas de traitement, pas de diagnostic. L’infection continue de progresser.

L’aggravation : entre incompréhension et épuisement

Une nouvelle prise de sang quelques jours plus tard révèle que l’infection s’est aggravée. Les symptômes s’intensifient : maux de tête violents, fièvre persistante, douleurs musculaires insupportables. Mélissa ne peut plus marcher. Elle doit rester allongée au sol, sur le dos ou sur le ventre, pour supporter la douleur.

Son médecin la rappelle un soir, inquiet des résultats. Il lui demande de retourner aux urgences immédiatement. Mais avec trois enfants à charge et aucune solution de garde dans l’urgence, Mélissa doit attendre le lendemain matin.

Le diagnostic : méningite à leptospirose

De retour aux urgences, l’accueil reste désintéressé. On la fait attendre des heures. Pourtant, son état continue de se dégrader. Une ponction lombaire est finalement pratiquée. Le diagnostic tombe : méningite à liquide clair, probablement causée par la leptospirose.

La PCR confirme la présence de Leptospira dans son organisme. Mélissa est transférée en réanimation, où elle reste hospitalisée du 26 au 28 novembre 2025. On lui administre un traitement antibiotique massif : Ceftriaxone, Amoxicilline, Aciclovir. Pendant plusieurs jours, elle reste alitée, dépendante des soignants pour les gestes les plus simples.

« On me lavait, je ne pouvais rien faire seule. J’aurais pu y laisser ma vie. Mes enfants auraient pu être contaminés. »

La décision la plus difficile

Pendant son hospitalisation, Mélissa doit prendre une décision déchirante : faire euthanasier Grisouille pour protéger sa famille. Le 4 décembre 2025, le petit rat est endormi à la Clinique Vétérinaire de l’Île Verte à Vesoul.

« Le jour où j’ai emmené mon rat se faire euthanasier, c’était la fin du monde. Je ne souhaite ça à personne. Je ne veux pas que Grisouille soit mort pour rien. »

Les conséquences financières et émotionnelles

Aujourd’hui, Mélissa doit encore faire tester son autre rat domestique pour s’assurer qu’il n’est pas porteur. Les frais vétérinaires s’accumulent, s’ajoutant au traumatisme vécu. Elle souhaite obtenir le remboursement de ces dépenses par l’animalerie, mais les démarches sont longues et complexes.

Au-delà de l’aspect financier, c’est la colère qui domine. Colère contre un système qui ne contrôle pas assez les animaux vendus en animalerie. Colère contre les enseignes qui mettent en vente des rats potentiellement porteurs de maladies graves, sans contrôle sanitaire rigoureux.


Ce qu’il faut retenir

Qu’est-ce que la leptospirose ?

La leptospirose est une maladie bactérienne causée par des bactéries du genre Leptospira. Elle se transmet principalement par contact avec l’urine d’animaux infectés (rongeurs, mais aussi chiens, bovins, etc.). Chez l’humain, elle peut provoquer des symptômes grippaux légers, mais aussi des formes graves comme la méningite, l’insuffisance rénale ou hépatique. Si vous souhaitez en savoir plus vous pouvez lire l’article dédié : juste ici.

Les rats d’animalerie sont-ils à risque ?

Notre but ici n’est pas de dire que toutes les animaleries sont intrinsèquement mauvaises ; nous ne les avons pas toutes visitées ! Cependant, selon nos recherche, nos expériences, et une grande quantité de témoignages recensés, il se trouve que les fournisseurs de rats des animaleries ont le plus souvent tendance à pratiquer l’élevage intensif où les contrôles sanitaires sont malheureusement insuffisants. Contrairement aux rats adoptés via des associations spécialisées, ils ne bénéficient pas toujours d’un suivi vénérinaire rigoureux ni de dépistages systématiques. Le problème peut aussi tout a fait venir du fournisseur qui lui n’est pas soumis aux même lois suivant la provenance.

Comment se protéger ?

  • Adoptez auprès d’associations ou rateries reconnues qui contrôlent la santé de leurs animaux et garantissent un suivi vétérinaire.
  • Lavez-vous les mains après chaque manipulation de votre rat, surtout avant de manger.
  • Nettoyez régulièrement la cage en portant des gants.
  • Consultez rapidement en cas de symptômes grippaux après l’adoption d’un rongeur.
  • Signalez tout rat malade à votre vétérinaire NAC et évitez de le manipuler sans précautions.

Le message de Mélissa

« Je ne veux pas que Grisouille soit mort pour rien. J’aurais pu y laisser ma vie, ou contaminer mes enfants. Les animaleries doivent faire plus attention. Un animal est mort, et j’ai failli mourir aussi. »

Ce témoignage rappelle que l’adoption d’un animal, même petit, ne doit jamais se faire à la légère. Les rongeurs domestiques méritent des circuits d’adoption sûrs, transparents et responsables.

Si vous envisagez d’adopter un rat, privilégiez les rateries avec un projet serieux et les associations spécialisées dans le sauvetage et la réhabilitation des NAC. Elles garantissent un suivi vétérinaire et des conseils adaptés pour une adoption sereine et sécurisée.


Larkencielle
Larkencielle

Association loi 1901 spécialisée Rats Domestiques

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Un commentaire

  1. Bonjour,
    Je moi même attraper la leptospirose en mars 2022 suite à l’adoption de deux petites souris domestique achetés en animalerie.
    J’ai passé une semaine en réanimation et 3 semaines suivantes en soins intensifs, j’ai vraiment failli mourir et à l’heure actuelle j’ai toujours des soucis de santé et j’ai été placé en invalidité de catégorie 2 par la sécurité sociale.
    J’aimerais beaucoup pouvoir obtenir les contacts de la personne à l’initiative de cette lettre s’il vous plaît, car j’essaie d’obtenir un dédommagement par mon assurance accident de la vie, mais ils considèrent la leptospirose comme une maladie et refusent l’indemnisation.
    Pourtant la contamination est bien accidentel, alors ce serait vraiment gentil de pouvoir être mis en relation avec cette personne.
    Merci pour compréhension.
    Cordialement,

    Mr BOURCELOT Yohann

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