Les rats sont des animaux grégaires, cela signifie qu’ils ont besoin de la compagnie de leurs semblables, qu’ils n’aiment pas la solitude et qu’ils ne la supportent pas. Cela s’appelle le grégarisme !
Pourquoi cet article ?
Nous vous écrivons cet article car de plus en plus souvent nous rencontrons de potentiels futurs adoptants nous demandant des conseils. Il arrive fréquemment que ces même personnes aient ou souhaitent avoir un rat seul. Malheureusement, dans les quelques livres que nous avons pu voir en animalerie concernant le maintien du rat, nous n’avons pas trouvé grand-chose sur le sujet (ils sont plutôt axés litière et alimentaire. De plus, rares sont ceux qui conseillent un maintien correct). Nous avons donc mené nos propres recherches sur internet, et à l’aide d’études scientifiques et d’articles généralement rédigés en anglais (que nous vous mettrons dans les sources), nous vous avons concocté l’article qui suit. Nous espérons qu’il répondra a la plupart de vos questions sur le sujet du rat et de la solitude !
On nous dit : « Le rat est solitaire »
C’est quelque chose qu’on a lu et entendu souvent, et poutant, ça ne pourrait pas être plus éloigné de la vérité.
L’importance de la vie en communauté chez le rat
Vous serez probablement d’accord sur un point : nous ne pouvons pas demander à un rat de prendre part à une conversation humaine. L’inverse est donc tout aussi impossible. Normalement, si vous nous lisez a présent, vous n’êtes pas un rat (n’hésitez pas a me dire si c’est le cas !). Au mieux, vous êtes la magicienne des croquettes ou le roi fourbe de la disparition de cacas — mais certainement pas un congénère. Vous ne communiquez pas par ultrasons, vous ne partagez pas les mêmes codes sociaux qu’eux, et vous ne dormez pas en boule à six dans un espace prévu pour deux. En théorie.
Santé physique
Chez les tout petits
Le besoin de contact chez le rat est présent dès la naissance. Une étude du CNRS explique qu’à leur arrivée au monde, la fratrie reste soudée grâce à la maman, qui veille à les rassembler et à les maintenir ensemble dans le nid. Très rapidement, les ratons commencent à rechercher d’eux-mêmes la chaleur et la proximité de leur famille, stimulés par des signaux thermiques et tactiles. Cette même étude démontre que rester groupés est essentiel à leur bon développement. Elle montre également que même en l’absence de certains récepteurs, ce besoin de rester soudés persiste. Les sources sont disponibles en bas de page.
Chez les adultes
Une étude menée en 2009 met en lumière les dangers de la solitude pour le rat adulte. Ses conclusions sont claires : les rats isolés développent des tumeurs bien plus fréquemment — et souvent mortelles. En chiffres concrets, les rats seuls ont développé 84 fois plus de tumeurs mammaires que ceux vivant en groupe. Ces résultats confirment un lien fort entre l’environnement, l’état émotionnel et la santé physique.
L’étude souligne également une relation étroite entre l’isolement et le stress. Les rats seuls produisent davantage d’hormones de stress, deviennent plus craintifs et ont tendance à se mutiler. De plus, après une situation stressante, ils mettent beaucoup plus de temps à récupérer que les rats vivant en groupe.
Santé psychologique
La Suisse interdit désormais la détention de rats seuls. Partout dans le monde, de nombreux laboratoires refusent également de laisser leurs sujets seuls. Les groupes Facebook sérieux feront tout pour vous convaincre d’adopter un second poilu si vous n’en avez qu’un seul.
Pourquoi ?
Un rat seul ne semblera pas forcément malheureux à nos yeux — et c’est précisément là le problème. Les rats sont des proies : cacher leur douleur est un réflexe de survie. Comme évoqué plus haut, nous ne percevons qu’une infime partie de leur mode de communication. En tant qu’êtres d’une espèce différente, nous ne pouvons pas prétendre comprendre parfaitement notre animal, quelle que soit notre expérience — et c’est justement pour cela qu’il est important de savoir se remettre en question vis a vis de nos connaissances ratounesques.
Si vous êtes le seul être vivant que votre rat croise au cours de sa vie, il sera naturellement heureux de vous voir. Mais imaginez son état quand vous n’êtes plus là. Seul, votre rat ne s’épanouira malheureusement jamais vraiment. Il ne mourra pas forcément de cette solitude, mais il mènera une vie triste, monotone, dépourvue de tout enrichissement propre à son espèce.
Sur le plan psychologique, les conséquences peuvent être sérieuses. Un rat seul peut se mettre à se mutiler : arracher ses poils, se gratter excessivement. L’ennui et l’absence de stimulation le pousseront à passer davantage de temps à dormir et à rester inactif. Il peut aussi devenir très possessif envers son humain — certains rats ont ainsi mordu les amis de leur propriétaire lors des sorties en leur présence. La solitude peut également générer une anxiété importante et rendre l’apprivoisement très difficile.
L’exemple de Jack
Pour illustrer cela, prenons l’exemple de Jack. Après près d’un mois seul suite à sa castration, il est devenu extrêmement stressé à la moindre manipulation : bains de pipi, cris, journées entières prostré dans un coin. Dès qu’on ouvrait la cage, il cherchait à fuir. Puis, une fois réintégré avec ses congénères, le changement a été immédiat. Il s’est apaisé, accepte de nouveau les caresses, ne sursaute plus au moindre bruit, joue avec ses colocataires, sautille partout — et son pelage est redevenu tout doux. Au moins, avec ces symptomes, il était accessible de comprendre qu’il y avait un problème, mais comme dit plus haut, attention ! Ce n’est pas le cas de tout les ratous.
Deux rats = plus de travail ?
Avoir deux rats ne demande pas plus d’implication qu’un seul. Au contraire, votre rat sera bien moins en demande : il aura un colocataire contre qui se blottir, avec qui jouer, et surtout avec qui communiquer. Côté budget, la différence est minime — la litière et la nourriture évoluent très peu, et une cage adaptée à un rat convient généralement pour deux. Les seuls frais susceptibles d’augmenter sont les frais vétérinaires. Cela dit, un rat seul est un rat malheureux, et un rat malheureux consulte souvent plus le vétérinaire qu’un rat épanoui en bonne compagnie.
Le principe est simple : il existe des centaines de raisons de laisser vos rats vivre en groupe. En revanche, aucune raison valable ne justifie de laisser un rat seul. Voici, en plus de celui cité plus tôt, les arguments que nous rencontrons le plus souvent, que ce soit sur les groupes dédiés aux rats ou dans les messages envoyés à l’association :
« Mon rat vit seul depuis longtemps et ne montre aucun signe de dépression. »
Identifier une dépression chez le rat est complexe pour plusieurs raisons. Le rat a tendance à cacher son mal-être par réflexe de survie. S’il vit seul, vous êtes son unique source d’enrichissement vivante — il sera donc naturellement heureux de vous voir, ce qui peut masquer une vraie souffrance.
« Mon rat vit seul, mais je suis là tout le temps. »
Votre présence compte, mais elle a ses limites. Le rat vous comprend autant que vous le comprenez : très peu. Votre compagnie ne remplace pas celle d’un congénère contre qui il se blottit pour dormir, avec qui il joue, et avec qui il communique vraiment. Votre amour, aussi sincère soit-il, ne peut malheureusement pas combler ce besoin vital.
« Le vendeur m’a dit que ce n’était pas grave. »
Il faut replacer les choses dans leur contexte. Un vendeur en animalerie ne connaît pas nécessairement chaque espèce. De plus, il a des objectifs commerciaux à atteindre et n’est pas du tout tenu de vendre en priorité selon le bien-être animal — même s’il le devrait. Tous les vendeurs ne sont pas ainsi, mais certains existent. Être vendeur en animalerie ne suffit pas à être une source fiable. Pour trouver des informations sérieuses sur une espèce, mieux vaut se tourner vers des livres ou des articles rédigés par des professionnels spécialisés, et non des professionnels de la vente.
« Mon rat vit seul depuis longtemps, il ne s’habituera jamais à un autre. Il n’aime pas les autres rats. »
Deux explications possibles : soit votre rat a un problème hormonal, soit — et c’est le cas le plus fréquent — l’intégration n’a pas été faite correctement. Nous vous conseillons de consulter notre article dédié à l’intégration. Avec une bonne préparation, et a quelques exceptions près (deux pour nous en dix ans) les rats finissent toujours par s’adapter, et en ressortent généralement apaisés et épanouis.
« Vous ne parlez pas le rat. »
Non, et vous non plus (toujours en théorie !) Cet argument ne tient pas. Les humains ne communiquent pas comme les rats, c’est justement pour ça qu’un humain ne peut pas remplacer un congénère pour un animal aussi grégaire.
« Comment pouvez-vous savoir ce dont MON rat a besoin ? Je le connais mieux que vous. »
Chaque rat a sa propre personnalité, c’est vrai. Mais certains besoins sont universels : manger, dormir, et vivre en compagnie d’autres rats. Ce dernier point apparaît bien avant même que les ratons aient des poils. Ce n’est pas une question de caractère — c’est un besoin vital. C’est difficile a apréhender quand notre espèce n’a pas forcément les même besoins vitaux que celle qu’on décide d’adopter, ou quand ça concerne quelque chose qui n’est pas forcément environemental. Essayez de le mettre au même niveau que la nourriture, même si c’est contre intuitif, mais c’est vraiment la que se trouve sa place si on devait hierarchiser les besoin du rat.
« Mes parents ne veulent pas d’un second rat. »
Il faut leur expliquer qu’il ne s’agit pas d’un caprice, mais d’un besoin réel pour votre animal. Un rat supplémentaire ne demande pas forcément plus de travail. Si vos parents ne changent pas d’avis, il faudra alors envisager de replacer votre rat pour son bien.
« Il n’est pas seul, j’ai d’autres animaux et ils sortent ensemble. »
La cohabitation interspécifique n’est pas une solution, et encore moins une raison de laisser votre rat sans congénère. Un lapin, une souris ou un chien ne parle pas le même langage que lui — chaque espèce a ses propres codes sociaux et instincts. Laisser des animaux d’espèces différentes ensemble peut être dangereux. Des cas de rats élevés avec des souris qui les ont tuées à l’adolescence ont déjà été rapportés. De même, des rats qui ont agressé des lapins ou ont été attrapés par un chat avec qui ils semblaient bien s’entendre — ce ne sont pas des cas isolés.
« Je n’ai pas les moyens financiers ou matériels pour un second rat. »
La seule vraie différence concerne la cagnotte vétérinaire. Pour tout le reste — cage, cage de quarantaine, boîte de transport, accessoires, nourriture, litière — le changement est très faible. Si les moyens manquent, il aurait été plus judicieux d’attendre. En attendant, agissez pour le bien de votre animal : soit en le replaçant, soit en adoptant un colocataire dès que possible.
« Je ne sais pas comment mon rat réagira. Je ne veux pas prendre ce risque. »
Une intégration bien préparée et bien menée se passe dans la grande majorité des cas très bien. L’essentiel est de ne pas se précipiter, de bien encadrer les présentations et d’avoir de quoi séparer les rats si une bagarre éclate. Pour le bien-être de votre compagnon, ce cap vaut la peine d’être franchi.
« Mon rat ne sera plus aussi fusionnel avec moi si j’introduis un nouveau compagnon. »
Il est vrai qu’il reportera moins ses besoins de compagnie sur vous. Mais cela ne changera pas son attachement : il continuera de venir jouer, de grimper sur vous, et de faire tout ce qu’il faisait avant. Ce que lui apportera cette nouvelle compagnie se traduira surtout par un apaisement visible et un vrai épanouissement.
« Mon rat est en totale liberté, il ne s’ennuie pas. »
Une grande surface de jeu ne compense pas la solitude. L’espace ne lui permet pas de communiquer, de se blottir contre quelqu’un, ou d’interagir socialement. Ces besoins sont propres à ses congénères — et aucun environnement, aussi riche soit-il, ne peut les remplacer.





[…] Le rat est un animal grégaire, et en adopter deux ne doublera en aucun cas la charge de travail quant au maintien. Au contraire, vos rats seront plus épanouis et auront une durée de vie directement impactée par ce bien être. Nous avons rédigé un article à ce sujet, pour celles et ceux qui aimeraient en apprendre davantage : https://larkencielle.com/2018/04/10/le-rat-et-son-allergie-mortelle-a-la-solitude […]
Bonjour,
Super article, merci!
J’aurai besoin de conseils.
Nous avons adoptés 2 rats. Le mâle castré étant bcp plus calme que la femelle nous avons donc décidé d’adopter une autre rate pour plus de fun. Le problème est que l’intégration est impossible (nous avons tout essayé). La femelle reste donc seule pour le moment, nous hésitons à lui faire faire une portée. Ainsi elle aurait la cie de 2 de ses enfants. Mais comment être sûr qu’ils s’entendent entre mère et filles?
Merci d’avance pour vos lumières!
Amandine
Bonjour, il n’est en aucun cas intéressant de faire une portée a un/une louloutte pour régler un souci de cet ordre. L’idée là en l’occurence c’est de comprendre ce qui ne va pas et pourquoi. La stérilisation est une bonne idée par exemple pour faire redescendre les hormones qui pourraient causer l’agressivité de la louloutte. Sinon, lorsque vous dites tout avoir essayé, peut être que tout simplement ce n’était pas dans le bon ordre, il y a un dossier sur le site internet qui parle de la quarantaine et de l’intégration, je vous laisserais regarder 🙂
Quoi qu’il arrive, la portée ne règlera rien, vraiment, s’il y a un souci qu’il soit comportemental ou hormonal, qu’il y ait des petits ou pas, ça ne changera pas le problème de base 😉
Bonjour,
Merci pour cet article passionnant sur le comportement social des rats et leur sensibilité à la solitude. Vous soulignez l’importance de leur offrir un compagnon pour leur bien-être. En tant que propriétaire de chien, je suis intrigué par les parallèles qu’on peut faire : les chiens, eux aussi, souffrent souvent de solitude prolongée. Pensez-vous que les mécanismes de stress liés à l’isolement soient comparables entre ces deux espèces ?
Merci d’avance pour vos éclairages et encore bravo pour cet article !
Bonjour, il est toujours possible de trouver des si;ilitudes, cependant chaque espèce est bien différente et leurs besoins également ! Personellement j’aime beaucoup l’idée qu’un animal puisse communiquer avec ses semblables (sauf exceptiosn et contrindications bien sûr) et j’ai enormément de mal avec les espèces qui sont solitaires pour cette raison ci !
merci,nous voulions un rat avec ma fille,ont va donc en prendre deux.
Merci a vous de faire passer leur bien être en priorité !