Bulles de Savon : de l’intervention aux adoptions

Derrière un nom doux se cache l’une des interventions les plus éprouvantes que Larkencielle ait menées. Retour sur un sauvetage hors norme, de la découverte sur place jusqu’aux dernières adoptions.


La découverte

En arrivant sur les lieux, le tableau était difficile à regarder. Lapins, animaux de ferme, octodons, furet, hamsters… Une multitude d’espèces vivaient dans des conditions alarmantes et n’avaient pas eu les soins de base depuis un bon moment pour certains (eau, nourriture…). Ce qu’on a vu ce jour-là dépassait la négligence. C’était de la souffrance.

Plusieurs équipes étaient mobilisées, chacune selon sa spécialité. Notre rôle : les rats (et une furette que personne ne pouvait prendre sur le moment). Quand nous sommes arrivés nous avons vu beaucoup de soulagement chez quelques collègues : certains étaient phobiques, d’autres dépassés par le boulot que ça représentait. Nous avons également pu faire connaissance avec deux autres ratouphiles !

Revenons en aux rats : près de 70 loulous terrorisés, répartis dans des conditions très variables : certains entassés dans des cages inadaptées et surpeuplées, d’autres piégés dans des trappes, d’autres encore avaient rongé le bac de leur cage pour s’échapper. Dans le meilleur des cas, ils s’étaient évadés dans la pièce. Dans le pire, à l’extérieur du bâtiment. Le temps de tous les prendre en charge nous avons dû leur redonner au moins de l’eau, tout était vide depuis longtemps ou extrêmement sale.

Niveau sociabilisation et manipulation, ce fut sûrement le sauvetage de rats le plus difficile que j’aie vécu depuis que je travaille pour l’association. Capturer des animaux aussi paniqués, un à un, a demandé un temps et une énergie considérables. Une fois tous récupérés et le dispatch entre les différentes associations partenaires organisé, nous avons pu nous concentrer sur les cas qui nous inquiétaient le plus.


La sociabilisation : un défi hors norme

Ces rats n’avaient quasiment aucun contact positif avec l’humain. Nous avons dû passer des heures avec eux, patiemment, pour leur montrer que notre présence n’était pas synonyme de danger. Quelques individus comme Dop et Lush ont été les premiers à s’ouvrir, et ont joué un rôle précieux en montrant l’exemple aux autres.

Du côté des mâles, un obstacle supplémentaire est venu compliquer les choses : l’agressivité hormonale. Impossible de sociabiliser sereinement, et encore moins sans se faire mordre. Les bagarres entre eux étaient fréquentes et violentes, au point que nous nous sommes retrouvés avec cinq cages différentes pour cinq rats. Chacun isolé, chacun pris en charge individuellement jusqu’a ce que les hormones puissent redescendre.


Un chantier médical

Concernant la furette, estimée a un an, elle a dû être mise en règle, déparasitée et malheureusement au vue de son état l’implant était considéré comme dangereux, donc nous avons dû la stériliser.

La plupart des rats que nous avons pris en charge sont arrivés malades et/ou blessés. Troubles respiratoires, abcès, blessures graves (bouts de queue en moins, morsures et blessures peau de lapin). Les soins ont été immédiats et continus. Les castrations, nécessaires pour réguler l’agressivité hormonale des mâles, ont constitué un vrai tournant dans leur prise en charge.

Parmi tous ces rescapés, deux petites femelles attiraient notre attention depuis le début : Lux et Lush. Arrivées très petites, nous pensions d’abord avoir affaire à des ratons non sevrés. Nous avons rapidement compris qu’il s’agissait en réalité de cas de nanisme. Elles ont pris du poids avec le temps, mais n’ont jamais grandi. En croisant différents indicateurs, nous les avons estimées à environ un an et demi malgré leur taille minuscule.


Lush

Lush a développé une tumeur de Zymbal à une vitesse foudroyante. Face à l’évolution rapide et à la souffrance que cela impliquait, nous avons pris la décision de l’euthanasier la semaine dernière. C’est l’une des parties les plus dures de ce travail : accompagner dignement ceux qu’on n’a pas pu sauver complètement.


Des fins heureuses, malgré tout

Une fois les castrations faites, les traitements terminés et la sociabilisation aboutie, tous les loulous dont nous avions la charge ont trouvé des familles formidables. Tous, sauf Lux, qui ne sera pas adoptable, et Lush, qui nous a quittés.

Ces adoptions sont une vraie victoire collective, obtenue au prix de beaucoup d’heures, d’énergie et d’attachement.

Comprendre pour prévenir : le syndrome de Noé

Cette intervention est le résultat d’une situation connue sous le nom de syndrome de Noé. Il s’agit d’une accumulation compulsive d’animaux, souvent liée à une détresse psychologique profonde, qui dépasse rapidement les capacités de soin de la personne concernée. Les animaux en paient le prix. Nous consacrerons prochainement un article complet à ce sujet, pour mieux le comprendre et savoir comment réagir si vous en êtes témoin.


Remerciements

Ce sauvetage n’aurait pas été possible sans l’implication de nombreuses personnes et structures. Un grand merci à Fondation Assistance Animaux pour leur confiance, à Exotic Clinic pour leur réactivité, au CFAF, à l’Arche de Bagheera, à SOS NACs de France, à tous nos bénévoles qui se sont mobilisés sur le terrain et à distance et a nos merveilleux adoptants. Vous faites partie de chaque victoire.

Larkencielle
Larkencielle

Association loi 1901 spécialisée Rats Domestiques

Articles: 218

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *